Ethics By Design 2020

En octobre 2020 se tenait l’événement Ethics By Design 2020, cycle de conférence autour de la conception responsable de services ou produits numériques. Une grande diversité d’intervenants sont venus partager leurs réponses à la question de l’éthique dans le design au travers de conférences, ateliers et tables-rondes.

À mon échelle j’ai contribué à l’événement en partageant sur twitter des fils synthétisant ce qui attirait mon attention dans les conférences que j’ai suivies en direct.

Dans cet article vous pourrez retrouver les liens vers les différences conférences, les fils que j’ai écrit et les notes que j’ai prises en les regardant ainsi que les liens et vidéos relatives à chacune d’entre-elles.

Conférences :

Jour 1

Concevoir de manière responsable, l’exemple de Fairphone | Agnès Crépet & Alix Dodu

“Concevoir de manière responsable, l’exemple de @Fairphone” - @agnes_crepet & @AlixDodu #EthicsbyDesign

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Passionnante conférence, dense en informations sur les impacts écologiques et sociaux des smartphones (et de l'électronique) en général

Chiffre marquant sur l'extractivisme : par les canaux industriels et officiels la Colombie a extrait 8 tonnes d'or. Dans le même temps, le pays a exporté 64 tonnes. La différence a été extraite de façon "artisanale" sur fond de conflits de milices et de travailleurs ultra exposés

Attention au terme "mine artisanal", à rechercher : l'impact écologique et humain en est évidemment très fort également

Pour ce qui est du recyclage : 20% de l'électronique consommé dans le monde est recyclé. Les autres 80% ne sont même pas tracés complètement et atterrissent dans des décharges... sachant que ces produits sont polluants voire toxiques.

Deux autres chiffres : 100 milliards de téléphones produits depuis 2007. On estime que 100 millions de smartphones dorment dans les tiroirs dans le monde. Qui ne sont donc pas dans le cycle du recyclage.

Les conférencières le précisent aussi : l'offre de matériaux provenant du recyclage ne suffit pas à combler une augmentation de la demande en minerais. Même à 100% de recyclage (qui n'arrivera jamais), il faudra continuer d'extraire... ce qui pose de vraies questions...

Une idée revient plusieurs fois dans la conférence : il faut d'abord accepter qu'il y a un problème avant d'essayer de le changer. Complexité technique d'un smartphone, chaînes d'approvisionnement et de production extrêmement peu transparentes etc

Un autre chiffre frappant : pour payer 650€ au lieu de 250€ les travailleurs de l'usine d'assemblage cela demande 1,5€ d'augmentation du prix du téléphone à l'achat. 1,5€ pour permettre aux travailleurs de recevoir le salaire qu'ils considèrent décent.

Il est précisé que les travailleurs (on parle d'usines chinoises) ne sont pas forcés à faire 60h par semaine... mais la faiblesse de leurs revenus les pousse à travailler davantage.

Si vous le gardez 7 ans, vous réduisez de 40% l'impact écologique du téléphone. Pour permettre cela, les conférencières citent la modularité qui facilite le remplacement des pièces défectueuses et les mises à jour (Android) pour contrer l'obsolescence logicielle

"On parle souvent de GAFAM mais il ne faut pas oublier qu'il y a aussi des monopoles côté hardware". Pour les puces/processeurs il y a deux acteurs : Qualcomm et MediaTek. Gros enjeux dans le support long terme des processeurs et du portage des recentes version d'Android

Un des objectifs de l'entreprise aussi : tirer vers des pratiques plus vertueuses le monde de l'électronique par ses propres exigences. Par exemple avec son 3+, Fairphone est rejoint par Telsa dans une "Fair Cobalt Alliance"

« Il y a aujourd'hui 8 milliards d'abonnements mobiles = davantage que d'êtres humains sur la planète » pointe @agnes_crepet


Le choix des formes peut-il être un levier pour l’engagement écologique ? | Yaprak Hamarat

On enchaine avec “Le choix des formes peut-il être un levier pour l’engagement écologique ?” - Yaprak Hamarat #EthicsbyDesign

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Le lien du site de Yaprak Hamarat : yaprak.co

Et pour approfondir vous pouvez retrouver son travail de thèse "L’esthétique de l’engagement écologique - L’impensé des politiques environnementales" core.ac.uk/download/pdf/3

L'intervention était très théorique mais apporte un angle d'attaque passionnant pour (re)penser le rapport à "l'esthétique" des choses que l'on crée et qui ont trait à l'écologie. Quelles en sont les propriétés esthétiques ?

Dans l'abstract de sa thèse : "Cette recherche permet de poser un regard critique sur les pratiques des designers adoptées au nom de la durabilité. Elle contribue à une compréhension plus riche des propriétés esthétiques oppressives, liberticides, écologiques et engageantes"

Le travail a été nourrit notamment par une enquête photoethnographique qui a permis d'aller voir sur le terrain, concrètement, chez des personnes ou des communautés engagées politiquement et au quotidien en faveur de l'écologie comment cela se manifestait esthétiquement

spoiler : tout n'a pas été peint en vert pour 0 raison et les maisons ne sont pas recouvertes de murs végétaux.

Pour conclure, toujours dans l'asbtract : "Enfin, ce travail aspire à éclairer, sur un plan théorique, le rapport entre l’esthétique et l’engagement, puis à sonder la possibilité d’une (contre)politique de l’artificiel pour améliorer les modes de production de demain."

L'intervention était passionnante et laisse un peu dans l'attente d'exemples concrets. À nous d'y réfléchir, d'en discuter, d'écrire sur le sujet pour nos propres domaines pour y apporter des réponses et exemples. Cette conf était un bon point d'ouverture.

Systemic design, a collaborative approach for systems change | Sabrina Tarquini

Je n’ai malheureusement pas pu assister à l’intégralité de la conférence “Systemic design, a collaborative approach for systems change” de Tarquinius de Nahman et @systemictoolkit à #Ethicsbydesign.

Je rattraperai mon retard en regardant le replay dont je posterai le lien quand il sera disponible.

Jour 2

Quels enjeux politiques pour l’éco-conception de service numérique ?

#EthicsByDesign deuxième jour avec la table-ronde : “Quels enjeux politiques pour l’éco-conception de service numérique ?” avec Philippe Vion Dury (Socialter, animateur), Jacques-François Marchandise (FING), Adèle Chasson (@HalteOP), Céline Lescop (@theshiftproject)

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Petit rappel : le secteur du numérique connaît une croissance ⤴️ de +9% par an pour le numérique en consommation d'électricité et en gaz à effets de serre... alors même que notre trajectoire devrait être de diminuer nos émissions totales de ⤵️ 5% par an.

Et cette empreinte est beaucoup émise au moment de la production des appareils : extractivisme polluant de ressources non renouvelables, qui ne sont pas recyclées derrière...

La notion de "services numériques" a tendance à effacer la trace physique des mines à ciel ouvert, data centers gourmands en énergie, décharges de matériel électronique, etc. La dématérialisation est illusoire et ses conséquences ne nous impactent pas en Europe.

Le problème de l'obsolescence n'est pas nouveau (a démarré ~1920) mais on possède énormément davantage d'appareils par personne, ce qui en augmente l'impact d'autant : "En moyenne en France, chaque foyer possède 99 appareils électroniques (hors ampoules)". C'est énorme !

Durée de vie moyenne d'un smartphone : 18 mois Ordre de grandeur : l'allongement de la durée de vie de tous les appareils, smartphones et ordinateurs d'1 an : 3 à 3.7 millions de tonnes de CO2 qui sont économisés.

Sont cités encore et toujours les problèmes que posent les obsolescences matérielles et logicielles. À tout niveau de la chaîne, ne pas contribuer à cela semble être un levier indispensable sur ces questions.

Une piste citée que je n'avais jamais entendue pour contrer l'obsolescence logicielle (pour laquelle Samsung a été condamné par exemple) : forcer l'ouverture du code source des logiciels après l'arrêt du support technique. Très intéressant !

Autre conclusion évidente à tirer : l'impact de la fabrication et recyclage (ou non) des appareils est si fort, qu'il faut absolument allonger la durée de vie des appareils, viser le cycle de vie le plus long possible.

@jfmarchandise rappelle le sournois effet rebond : on veut gagner en efficacité grâce au numérique, au big data et à une myriade de capteurs... qui ne sont pas réutilisés ni recyclés car peu chers et viennent ajouter un impact négatif... qui compense l'efficacité promise.

@CelineLescop Évoque la "mélancolie des ingénieurs" qui, de tous bords, ne sont pas satisfaits du code qu'ils produisent, par manque de temps pour créer du code de qualité. Alors même que la conception des systèmes a un impact écologique fort.

La prise de conscience dans le milieu du numérique a été tardive et peine à se diffuser... en 2020 il y a encore des étudiants qui sortent des écoles et qui ont à peine entendu parler d'écoconception!!! @jfmarchandise nous rappelle l’enjeu de l'éducation

Il est indispensable de passer par la production d'une culture commune sur ces sujets, de produire des connaissances sur ces sujets qui soit partageables et enseignables pour en faciliter la diffusion Ce cycle de conférence en est une contribution 😉

Content d'entendre les invité·e·s rappeler qu'il y a aujourd'hui beaucoup de discours incitatifs et pour faire "comprendre les enjeux" aux consommateurs et pas forcément assez de contraintes posées aux entreprises

« Le numérique d'aujourd'hui est totalement inadapté au monde de demain »

« Aujourd'hui si vous faites du #privacybydesign, de l'écoconception vous êtes un héros mais votre marché est ultra niche. » Il faut que le marché donne des signaux forts : grandes métropoles, échelle européenne...

Totalement d'accord avec la demande d'une plus grande "bricolabilité" du monde numérique !

« On apprend aux ingénieurs à régler des problèmes mais pas à remettre en question, prendre du recul sur les problèmes et leurs sources ou conséquences. »

Bon je vous ai partagé là quelques-uns des éléments qui ont retenu mon attention. Les échanges étaient super intéressants ! Je vous partagerai le replay quand il sera disponible pour compléter tout cela. Merci @designethique et aux intervenant·e·s !

Entretien avec Charles-Pierre Astolfi, secrétaire général du Conseil National du Numérique

Regards croisés sur la pratique professionnelle du design, la parole aux étudiants | avec Roxane Célerier, Victor Ecrement, Cédric Fettouche & Antonio Zavaleta

Des perspectives passionnantes de la part des étudiants en design et designers qui nous partagent leurs parcours. On va pas se mentir, ça fait plaisir de voir que ces idées commencent à se poser chez les étudiants… même si les écoles n’ont pas encore tant avancé que ça

Jour 3

Comment créer des formations pronant la responsabilité ?

#EthicsByDesign troisième jour : “Comment créer des formations prônant la responsabilité ?” animée par @mellie_la_roque avec @les_sismo @aamonnz et le #DSAA design écoresponsable de #LaSouterraine - 🐦 lire le fil sur Twitter (archive)

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Exemples de rencontres thématiques concrétisées par les invités : philosophie et design, penser et faire, sociologie et numérique... une transdisciplinarité nécessaire selon moi pour réellement questionner le sens de nos métiers de designers, développeurs, etc.

Convergence des échanges dans la nécessité de décoloniser les imaginaires, déconstruire la sémantique : laisser s'effriter les notions de transition écologique, développement durable et les remplacer par une décroissance heureuse, une acceptation de l'anthropocène

@aamonnz vient nuancer la relation à la "pensée systémique" qui a été cannibalisé par le monde managérial. On crée un cadre complexe, on ajoute des acteurs mais pour au final construire un super-anthropocentrisme avec le même acteur qui seul bouge les curseurs.

En somme, méfiance quant aux étiquettes et ce qui cache derrière car elles peuvent être vite récupérées et régurgitées par le monde du management, par les destructeurs du monde. Après le Green Washing, le washing et #SystemicDesign washing ?

(quand on voit les GAFAM nous parler de vie privée, on voit bien comme tout ça peut aller vite)

Le doute est omniprésent chez certains étudiants qui suivent le parcours du design : ils sont poussés (par l'époque) à remettre en question leur discipline nous dit Laurence Pache. Le design très entaché par son rôle dans la société de consommation mais... (1/2)

... ce sont des compétences qui seront nécessaires dans le monde de demain, même dans un monde post-croissance. « On aura besoin de gens qui savent "faire" ». L'enjeu est d'apprendre à modifier posture dans la pratique de la discipline

Il faut que les individus (designers mais pas seulement) aient les outils pour penser et faire différemment là où ils sont. Importance de cette notion "d'agir là où on se trouve". Pas penser la chose comme un poste dédié dans l'entreprise à "la transition"

Préparer un monde sans la croissance, notamment via les étudiants. Peut être qu'ils ne trouveront pas tout de suite d'entreprise qui corresponde à leurs valeurs mais leurs compétences et savoir-faires seront de toute façon utiles et nécessaires : ça avance.

Se pose la question très intéressante entre : faire avec les personnes déjà alertées et sensibilisées ou faire de l'entrisme dans les écoles pas prêtes à ces sujets ? Un mélange des deux sans doutes.

J'adhère totalement à l'idée de mettre de la philosophie dans davantage de formations voire dans d'autres contextes. Le décloisonnement de la pensée est un passage obligé pour comprendre notre place au sein du système Terre (en tant qu'étudiant, travailleur, etc)

Économie et design, une pratique de redirection avec Tony Fry

« Toute création implique une destruction. En tant que créateur il faut se poser la question : ce que je crée justifie-t-il ce que je détruis »

Notamment pour les ami·e·s qui ne parlent pas anglais (l’entretien était en direct), vous pouvez maintenant aller regarder cette passionante intervention avec les sous-titres

Jour 4

Framasoft : le modèle associatif est-il soluble dans la Startup Nation | Pierre-Yves Gosset

Quelques notes éparses :

  • aspect psychologique pas à négliger : se lever tous les matins en se disant qu’on vit dans un monde de merde c’est pas bon pour le moral
  • société de contribution : commun, collectif, licences libres
  • réfléchir à notre propre compostabilité. réfléchir l’impermanence
  • ne pas croitre verticalement, mais horizontalement ; exemple des CHATONS
  • “deframatisons” : dans un mode de pensée post-croissance, l’association pense à sa propre “compostabilité” avec la fermeture progressive de 20 des 30 services proposés

4e jour de : “@Framasoft, le modèle associatif est-il soluble dans la StartupNation ?” avec @pyg - 🐦 lire le fil sur Twitter

➡ lire la suite du fil en cliquant ici Leur projet https://degooglisons-internet.org/fr/ a aussi contribué à les faire connaitre internationalement et à proposer à des milliers (millions ?) d'utilisateurs de bénéficier de services libres qui constituent des alternatives aux services des GAFAM Questionner la croissance horizontale et infinie : l'asso n'a pas vocation à devenir le "Google du libre" ou un service public (ni une startup). Ils ont d'ailleurs été victimes de leur "succès" ou du défaut de services mis en place par l'Education Nationale pour le confinement Près de 20000 visioconf simultanées pendant le confinement qui accueillaient travailleurs, profs et élèves ! L'association @Framasoft réfléchit plutôt en réseau, de façon horizontale, dans une idée d'archipellisation, avec notamment le collectif http://chatons.org qui tend à penser la diffusion de leurs idées et leurs valeurs via des "AMAP" du logiciel libre @pyg précise aussi que l'asso (loi 1901, un modèle très français qu'il faut défendre et valoriser !) veut volontairement limiter sa croissance : pas de croissance infinie dans un monde fini. Limiter le nombre de salariés à 10, fermer des services de #degooglisons Comment penser la "compostabilité" de l'association ? Quels en sont les héritages si l'asso disparait ... par exemple dans un contexte d'effondrement ? L'idée est d'aider des gens à s'organiser et apprendre à s'organiser, gagner en autonomie numérique etc... C'est de plus en plus vers cela que @Framasoft veut tendre. C'est le cas par exemple avec la création du logiciel distribué @JoinMobilizon , un logiciel tirant parti d'#ActivityPub qui veut proposer une alternative aux événements/groupes Facebook notamment Permettre de s'organiser, tout en préservant son temps de cerveau, ses données personnelles, le tout de façon plus décentralisé grâce à la fédération que permet son protocole Dans le cadre de ce projet de création du logiciel Mobilizon, @framasoft travaille avec @mcgodwinpaccard pour le design. L'objectif est évidemment de proposer un outil respectueux et pensé pour un usage grand public Petit point logiciel libre & design : ce sont deux bulles qui ne communiquent pas beaucoup entre elles. Selon @pyg tous les projets libres n'ont pas vocation à faire appel à un designer pour plusieurs raisons : le travail de développement d'un logiciel est aussi une activité émancipatrice qui permet à celui qui le développe d'apprendre et d'avancer. Que le logiciel soit utilisé par le grand public ou non n'est pas vraiment la question. J'oublie de mentionner la petite référence au regretté Bernard Stiegler et son "économie de contribution" : avec Framasoft l'idée de transmettre les valeurs de Communs, du collectif, en opposition aux valeurs consommatrices du capitalisme (le mot est lâché) Vraiment intéressant de voir qu'en opposition à la vision "changer le monde et croitre à l'infini" des startups, Framasoft pose aussi la question de l'impermanence et de la mort. Comment réatterir dans un monde fini, en cours d'effondrement qui plus est ? La question de l'impermanence de l'association en tant que telle (mais la pérennité des valeurs et créations transmises en licences libres ?) est évoquée en même temps que le questionnement de la pertinence de voir à long terme : pas de vision à + de 2 ans pour l'asso Vraiment intéressant de voir que dans ces conférences #EthicsByDesign on retombe souvent sur des questions plus philosophiques, car après tout se questionner sur l'éthique de nos activités pose la question du sens de ce que nous faisons Encore une conférence passionnante #Ethicsbydesign à revoir en replay après la fin du festival. Je vous mettra le lien le moment venu. Merci @pyg, @framasoft et @designethique

Les modèles alternatifs d’entreprises de design

Avec : Pauline Rochart (animation), Thomas Thibault (Collectif Bam, une SAS), Solène Manouvrier (OuiShare), Hélène Maitre-Marchois (Coopérative Fairness)

Le design par les extrêmes users ou comment le handicap inspire l’innovation | Simon Houriez

Simon Houriez est directeur de l’association Signes de Sens.

🎙️ #EthicsByDesign “Le design par les extrêmes users ou comment le handicap inspire l’innovation”, avec @SignesdeSens

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Cette association a la volonté de faire changer les choses en montrant par l'exemplarité que c'est possible et que c'est rentable en plus. Le but n'est pas de faire du lobbying mais de montrer et de faire. L'objectif : rendre le monde plus accessible à tous.

Point de définition intéressant : la notion de handicap dépend du contexte sociologique, culturel, situationnel. Un ex parmi ceux cités : des personnes qui discutent entre elles en langue des signes n'ont pas dans cette situation le sentiment d'être handicapés.

Et par corollaire question de la normalité : est-ce que je suis satisfait par la situation que je vis ? Cette expérience de la situation c'est là que le design rentre en jeu.

La différence entre normalité et anormalité vient aussi avec la question de l'inclusion : se sent considéré comme normal quelqu'un qui a été inclus dans les usages prévus par le design.

Inclure le plus grand nombre et concevoir les choses de façon accessible ne veut pas dire concevoir seulement pour des usagers spécifiques. Exemple d'idée de design pensées pour des personnes à la marge mais qui ont été des succès commerciaux : la télécommande de télévision, le vibreur des téléphones pensé au départ pour les usagers sourds, l'essoreur à salade utilisable à une main, autre exemple cité dans le chat avec la manette de Gamecube qui est un cas d'école dans le jeu vidéo

Nuance importante entre conception universelle et dictature de la moyenne; l'idée n'est pas de définir qui est normal et qui est anormal au regard des usages qui vont être conçus.

Au contraire il faut étendre le champ de la normale, favoriser la diversité : « La conception universelle rend l'expérience meilleure pour tout le monde » - @Truc6mon

Un des exemples : des sites conçus pour être accessibles aux usagers des lecteurs d'écrans ont un très bon référencement; et oui, Google ne voit pas l'interface. Pourquoi ne pas rediriger une partie du budget de projets web du #SEO vers l’accessibilité ?

@Truc6mon assez optimiste sur l'état de l'accessibilité permise par le numérique qui permet quand même de faire de la personnalisation de l'expérience à beaucoup de niveaux (synthèse vocale, claviers braille, etc)

Gros bémol sur la place sociale du numérique. Mettre du numérique partout et automatiser la maison d'une personne âgée avec de la domotique ça ne va pas l'aider. Ça retire tout défi de l'existence, alors que le but devrait être de rendre les défis gérables

"Si vous avez juste à appuyer sur un bouton pour arroser votre potager, ouvrir la maison et allumer la télé, ça pose la question de la place qu'on donne au numérique. Et si dans votre vie vous avez plus de défis, vous mourrez juste plus vite"

Jour 5

Eusko, monnaie locale, exemple de design de politique publique | Dante Edme-Sanjurjo

Une conférence que je n’ai pas pu suivre en direct mais voilà la vidéo pour le rattrapage :

Comment faire entrer les technologies en démocratie ? | Irénée Regnauld, Yaël Benayoun

🔴🎙️ En direct à #EthicsByDesign : “Comment faire entrer les technologies en démocratie ?” avec @IreR1 et @Geensly qui publient le 8 octobre leur livre “Technologies partout, démocratie nulle part” (@MaisOuVaLeWeb @MoutonNumerique)

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Sur la question de comment ajouter davantage de démocratie dans l'étude des choix technologiques :

Le modèle des conventions citoyennes est cité comme vertueux : "Il faudrait plus d'espaces mais qui ne soient pas des espaces d'expression sans conséquences"

Les institutions actuelles ne donnent pas de pouvoir aux citoyens pour que leurs recommandations, souvent de qualité, soient prises en compte. Une réponse dans une VIe République et par ex une Assemblée du Futur, qui aurait à penser et agir sur le temps long ?

Les mouvements de "techclash" se sont multipliés par 9 sur les 2 dernières années. Un sujet montant, pas bien visibilisés et pas forcément de la bonne manière... mais qui pointent les sujets sur lesquels ces débats citoyens peuvent s'appuyer

Ces réformes institutionnelles ne peuvent pas se suffire à elles-mêmes et venir s'imposer de façon verticale nous précise @Geensly : les mouvements de contestation citoyennes doivent nourrir les débats et structurer ces réformes. Faire sans les citoyens, c'est non.

RGPD, montée du discours de tech "éthique", etc. Ces questions n'ont pas bougées toutes seules au sein des Institutions ou des entreprises : ce sont aussi les mouvements contestataires qui ont mis les sujets sur la table et qui ont mené à ces nouvelles postures

Sur le sujet des sciences citoyennes, @IreR1 cite https://sciencescitoyennes.org/ qui propose pleins d'outils et de références en la matière.

Question de la multitude qui fait la science ? Ex. de l'analyse de l'air qui se fait avec une multitude de capteurs entre les mains de pleins de citoyens et qui donne une vision générale.

Dans ce genre d'initiative on peut citer par exemple le travail de la LPO

Question : quelle utilité d'amener les grilles d'étude et questionnement des technologies en entreprise sans changer le modèle systémique du fonctionnement de l'entreprise et de la société ? "La réponse est dans la question".

À revoir en replay ou RDV le 8 octobre pour découvrir le livre "Technologies partout, démocratie nulle part : plaidoyer pour que les choix technologiques deviennent l’affaire de tous" par @IreR1 et @Geensly

Éthique et jeux vidéo, entre magie et dark patterns | Célia Hodent

🔴🎙️ #EthicsbyDesign dernière conférence : “Éthique et jeux vidéo, entre magie et dark patterns” avec @CeliaHodent qui a travaillé en tant UX-director chez Epic Games sur le jeu Fortnite

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➡ lire la suite du fil en cliquant ici Sachant que le business actuel de Fortnite consiste à faire du "videogame as a service" dont toutes les fonctionnalités sont conçues pour capter l'attention des joueurs, presque leur "temps de cerveau disponible" comme disait l'autre. Sur le plan éthique, est-ce vraiment dans l'intérêt des joueurs de leur faire dépenser un temps colossal, des centaines, des milliers d'heures sur un jeu. Le temps c'est de l'argent et avec l'exemple de Fortnite qui est un "videogame as a service" c'est encore plus évident : plus on y passe de temps, plus on a de chance d'y dépenser de l'argent. Vous présentez la loot box comme le dark pattern ultime mais mettre en oeuvre toutes les techniques possibles pour capter l'attention, précieuse, des joueurs, presque leur "temps de cerveau disponible" comme disait l'autre, n'est-il pas typiquement néfaste au joueur lui-même qui va dépenser son temps "dans le vide", temps qu'il ne passera pas à apprendre d'autres compétences, à se développer, se politiser...

En Conclusion !

Merci à toute l’équipe d’avoir organisé cet événement à tous les intervenantes et intervenants pour leur participation à cet événement super enrichissant. Pour trouver les replays par journée entière, rendez-vous sur le site de l’événement.